PRSE : protéger la santé par l’environnement à l’échelle régionale

PRSE – Un outil de planification régionale pour mieux protéger la santé par l’environnement

Le Plan Régional Santé-Environnement (PRSE) constitue un instrument de planification territoriale stratégique, co-piloté par l’État, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le conseil régional. Elaboré pour une durée de cinq ans, il organise à l’échelle régionale l’ensemble des actions destinées à réduire les impacts des facteurs environnementaux sur la santé humaine.

Véritable déclinaison territoriale des orientations fixées par le Plan National Santé-Environnement (PNSE), le PRSE permet d’adapter les priorités nationales aux réalités locales, en tenant compte des spécificités démographiques, économiques et environnementales de chaque région.

Contexte et objectifs : vers une stratégie concertée

Le PRSE s’inscrit dans un cadre national qui reconnaît le rôle central de l’environnement dans la santé publique. Son ambition est d’intégrer les enjeux de santé-environnement dans les politiques régionales et de renforcer la cohérence des actions menées par les différents acteurs.

Ses objectifs principaux sont de réduire les facteurs de risque sanitaire liés à l’air, à l’eau, aux sols et aux environnements de vie, tout en améliorant la qualité de vie des populations. Le plan cible également les inégalités territoriales d’exposition, afin de protéger en priorité les zones les plus vulnérables et les populations les plus exposées.

La planification territoriale permet ainsi d’anticiper et de réduire les écarts en matière de santé-environnement.

Méthodologie de construction du PRSE

L’élaboration d’un PRSE débute avec une concertation locale rassemblant collectivités, services de l’État, associations, professionnels de santé, experts en environnement et représentants de la société civile. Cette démarche s’appuie sur un diagnostic territorial approfondi, qui croise données scientifiques – qualité de l’air, de l’eau, état des sols, indicateurs de santé publique – et observations de terrain. L’objectif est d’identifier les sources de pollution et les préoccupations concrètes des habitants, afin de cibler les risques sanitaires et environnementaux, et les zones les plus exposées.

Au cœur du dispositif, le Groupe Régional Santé-Environnement (GRSE) joue un rôle pivot. Il réunit élus, associations, scientifiques et agents publics pour élaborer une stratégie commune, valider le diagnostic et prioriser les enjeux selon les spécificités régionales.

Le projet de plan issus des travaux du GRSE est soumis à une consultation publique. Réunions, ateliers et contributions citoyennes permettent de recueillir les avis des habitants et des acteurs régionaux. Les observations collectées sont intégrées avant validation officielle, garantissant que le PRSE restes fondé sur des données scientifiques solides tout en bénéficiant d’une légitimité locale.

Orientations et axes d’action : cibler les enjeux majeurs

Le PRSE organise ses interventions autour de grands thèmes de la santé-environnement :

  • Air intérieur et extérieur: réduire les polluants de l’air — PM2,5, NO₂, composés organiques volatils, radon — est prioritaire. Le plan encourage l’amélioration de la qualité de l’air intérieur dans les bâtiments publics, les écoles, les logements, par une meilleure ventilation, le contrôle des matériaux polluants ou l’isolation sanitaire. Il agit aussi sur la qualité de l’air extérieur en limitant les émissions liées au transport, à l’industrie, au chauffage ou à l’agriculture.
  • Eau: la ressource en eau potable, sa qualité et sa quantité constituent d’autres enjeux majeurs. Le PRSE propose des mesures pour sécuriser la distribution, limiter les pollutions diffuses (nitrates, pesticides, micropolluants) et anticiper les effets du changement climatique (sécheresses, étiages). Certaines actions visent à protéger les zones vulnérables et à sensibiliser les populations aux usages responsables de l’eau.
  • Alimentation: par le biais de la santé-environnement, le PRSE promeut une alimentation saine, locale et durable, moins exposée aux résidus chimiques. Il soutient les initiatives favorisant les circuits courts, la réduction des pesticides, ainsi que l’éducation nutritionnelle.
  • Sites pollués et les sols contaminés: un volet du plan concerne l’identification, la réhabilitation et la gestion des sites pollués (anciennes industries, friches, zones d’usage), ainsi que la surveillance des sols contaminés. Ces actions visent à limiter l’exposition aux métaux lourds, aux hydrocarbures ou aux pesticides de sol.
  • Sensibilisation, formation, mobilisation: il inclut enfin la dimension « culture santé-environnement » : actions d’information auprès des publics, formations pour les différents acteurs, communication sur les risques sanitaires liés à l’environnement. Il s’agit aussi de créer des synergies territoriales, de valoriser les retours d’expérience et de soutenir les initiatives locales.

L’approche « Une seule santé » (One Health) demeure le fil conducteur, intégrant santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes.

Souplesse et adaptation : une dynamique évolutive

L’un des points forts du PRSE réside dans sa flexibilité : il n’est pas figé, mais évolue avec les réalités locales, les avancées scientifiques et les nouveaux enjeux environnementaux. Un suivi régulier des indicateurs et une actualisation quinquennale des priorités permettent d’intégrer les retours d’expérience et de rester vigilant face à l’émergence de nouveaux risques sanitaires et environnementaux.

Dans ce cadre, les appels à projets constituent un levier essentiel pour concrétiser les orientations définies dans le plan. Ils sont régulièrement lancés par les Agences Régionales de Santé et leur partenaires (DREAL, DRAAF, ADEME) pour soutenir des initiatives locales innovantes, favoriser l’appropriation territoriale et alimenter les révisions quinquennales.

Le PRSE : agir localement pour renforcer la santé-environnement

Dans un contexte marqué par l’augmentation des risques sanitaires et environnementaux ainsi que les attentes croissantes des citoyens et des acteurs locaux en matière de santé-environnement, le PRSE confirme le rôle de la planification territoriale.

Grâce à sa flexibilité et à son approche participative, chaque région peut ainsi améliorer de manière durable et mesurable la qualité de l’air, de l’eau, des sols et de l’alimentation, tout en anticipant les nouveaux risques.

Évoluant en permanence à la lumière des expériences locales, cette planification affine les actions et renouvelle l’ambition d’une politique de santé-environnement attentive aux réalités du terrain et soucieuse de réduire les inégalités territoriales.

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