Aujourd’hui, il n’est plus rare d’entendre parler de végétalisation des villes, d’éco-conception, d’agriculture et d’industrie verte, de valorisation des déchets ou encore de traitement biologique des eaux usées. Face à l’urgence écologique, nous réinventons en effet, et nous devons de réinventer, nos manières de vivre, faire, bâtir, produire ou consommer… Le développement durable prend donc tout son sens en conciliant et réconciliant trois mondes qui se sont longtemps ignorés : l’écologie, l’économie et le social.

Au cœur de cette transformation : l’ingénierie durable. Principal catalyseur, elle n’est pas une simple expression à la mode, mais incarne un véritable changement de paradigme. Quels en sont les principes fondamentaux ? Au-delà de la considération environnementale, quelles opportunités offre-t-elle ?

Tour d’horizon.

Les principes fondamentaux de l’ingénierie durable

L’ingénierie durable est une branche de l’ingénierie qui, au-delà de la simple dimension technique, prend en compte les enjeux de développement durable (écologiques, économiques et sociaux) dans la conception et le développement d’ouvrages, de produits ou de systèmes. Ces conceptions doivent en effet satisfaire les ODD (objectifs de développement durable) afin de « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

L’ingénieur qui élabore de tels projets y intègre ainsi :

  • La performance environnementale : notamment via l’éco-conception qui englobe l’utilisation raisonnée des ressources naturelles et la minimisation de l’impact des réalisations sur l’environnement (de l’extraction des matières premières à la fin de vie, en passant par la fabrication, la conception et l’utilisation).
  • La performance économique: l’ingénieur prend en considération la viabilité et la pérennité économiques des ouvrages, produits ou systèmes qu’il conçoit.
  • La qualité de vie des populations actuelles et futures : les projets doivent permettre d’améliorer la qualité de vie de chacun, mais aussi faciliter leur résilience face au changement climatique.

Pour illustrer ces principes fondamentaux, prenons l’exemple d’un projet québécois élaboré par Sanimax et le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ). Lors du concours Envirolys 2017, ces deux entités lauréates présentaient une solution de traitement et de désodorisation des émissions atmosphériques industrielles. La biotechnologie développée intègre les trois dimensions du développement durable : basée sur l’utilisation de matières résiduelles de construction (béton), est à la fois destinée à minimiser l’impact des rejets atmosphériques industriels (performance environnementale), à atténuer les nuisances olfactives (qualité de vie des riverains) et à réduire les coûts et allonger la durée de vie de la technologie par rapport aux solutions de biofiltration habituelles (performance économique).

Des opportunités économiques et sociales à considérer

L’ingénierie durable est un moteur de progrès tant sur le plan économique que sur le plan social. Elle stimule notamment l’innovation en cherchant à développer des technologies plus efficientes en termes de productivité, mais également en termes d’impact sur l’environnement. Et l’on sait qu’étant de plus en plus soucieux de leur bien-être, de leur santé et de la planète, talents et consommateurs portent aujourd’hui leur choix sur les entreprises, industries ou agriculteurs qui placent le développement durable au cœur de leurs préoccupations.

Intégrer l’ingénierie durable à sa démarche de développement est donc une opportunité à saisir pour toute entreprise, quelle qu’elle soit. Les grands groupes tels que Google, Danone, IBM, parmi tant d’autres encore, l’ont bien compris et ne manquent d’ailleurs pas de mettre en avant leur engagement en ce sens.

Intégrer l’ingénierie durable dans sa démarche responsable

L’intégration de cette discipline dans l’organisation d’une entreprise s’articule généralement autour de cinq axes essentiels :

  • L’évaluation initiale des impacts environnementaux, sociaux et économiques des activités de l’entreprise afin d’identifier les points à améliorer.
  • Léco-conception qui intègre les principes du développement durable à toutes les étapes du cycle de vie d’un produit, système ou ouvrage.
  • L’évaluation régulière des impacts avec l’objectif d’améliorer encore ses performances environnementales, économiques et sociales.
  • La formation et la sensibilisation de tous les acteurs (collaborateurs, fournisseurs, consommateurs et clients, élus, partenaires, etc.) aux pratiques durables.
  • La collaboration avec ces parties prenantes afin de renforcer l’engagement de chacun, mais également d’obtenir des perspectives variées et de mieux identifier les priorités.

De nombreux outils peuvent aider à la mise en place de ces pratiques plus responsables. On peut citer l’analyse du cycle de vie (ACV), les normes ISO 14001(management environnemental), ISO 26000 (responsabilité sociétale des entreprises) ou ISO 50001 (management de l’énergie), les certifications LEED, HQE ou BREEAM (haute qualité environnementale) relatives aux normes de construction, le système de management et d’audit environnemental EMAS ou encore les écolabels.

L’ingénierie durable, une réponse aux défis du développement durable

L’ingénierie durable transcende le discours superficiel ou la tendance éphémère pour devenir un pilier essentiel du développement durable.

Entre croissance économique, amélioration de la qualité de vie et de la résilience des populations, mais également protection de l’environnement et de la biodiversité, les opportunités qui en émergent sont autant de témoignages du potentiel que peut offrir l’ingénierie durable.

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