Depuis quelques années, le concept de RSE connaît un écho grandissant. A l’heure de la transition environnementale et face à la pression de la société pour une consommation plus éthique, les entreprises cherchent à afficher leur responsabilité et leurs engagements concrets.

 

C’est quoi la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ?

La notion de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) a vu le jour dans les années 1960. Parfois appelée responsabilité sociale des entreprises, la RSE est une démarche volontaire d’une entreprise qui décide d’adopter des modes de fonctionnement plus éthiques et durables dans toutes ses activités opérationnelles, son management et ses relations commerciales ou avec ses partenaires. Une démarche de RSE aboutie doit permettre de concilier viabilité économique, progrès humain et meilleure protection de l’environnement.

 

La Commission européenne définit la RSE comme « un concept qui désigne l’intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes » (1)

 

Toutes les entreprises peuvent adopter une démarche de responsabilité sociétale des entreprises. En revanche, il est vrai que les sociétés cotées en bourse, possédant un chiffre d’affaires annuel de plus de 100 millions d’euros ou encore employant plus de 500 employés, sont tenues de fournir un reporting extra financier annuel.

Au fil des années, le cadre réglementaire autour de la responsabilité sociétale des entreprises n’a fait que se renforcer. En 2019, la loi PACTE (pour la croissance et la transformation des entreprises) a permis que les enjeux de société ou environnementaux intègrent l’objet social de toutes les sociétés. Elle a également donné vie à la notion de raison d’être ou au statut d’entreprise à mission.

Plus concrètement, une démarche de responsabilité sociétale des entreprises débouche sur un plan d’actions variées, depuis une stratégie de réduction des déchets à un sourcing local plus respectueux de l’environnement, en passant par des partenariats visant à favoriser l’emploi local ou de personnes en situation de handicap.

Tous les jours, les médias relaient des exemples menés dans des entreprises françaises.  Par exemple, dans le cadre de sa politique environnementale, la marque d’eau Wattwiller est devenue en 2020 la première PME de ce secteur à atteindre la neutralité carbone sur l’ensemble du cycle de vie de ses produits. Chez les grands groupes, Carrefour s’est fait remarquer par son engagement contre le gaspillage alimentaire et Renault par sa décision d’accompagner 19 000 personnes éloignées de l’emploi d’ici 2025. Et les exemples se déclinent ainsi depuis les TPE jusqu’aux grands groupes.

 

Les multiples avantages de la RSE

Au-delà de son objectif environnemental et humain essentiel, une démarche de responsabilité sociétale des entreprises peut générer des retombées positives nombreuses et parfois inattendues, parmi lesquelles :

  • Une augmentation de productivité et par conséquent des performances financières. De nombreuses études ont tenté d’éclairer ce lien complexe (et pas systématique). Une étude menée par France Stratégie (3), organisme rattaché au Premier Ministre, a calculé que la RSE génère un gain de performance moyen de 13 %.
  • Une réduction des coûts fonctionnels, notamment des coûts énergétiques, puisque la diminution des consommations énergétiques est l’un des grands enjeux.
  • Une amélioration de l’image de marque auprès du grand public, mais aussi de ses clients, partenaires et employés. La RSE est un vecteur de communication potentiellement puissant dans une société sensible à l’engagement des marques.
  • Un renforcement de l’attractivité auprès des jeunes talents, de plus en plus attentifs aux garanties environnementales ou sociétales de leurs (futurs) employeurs, comme l’a montré le Baromètre « Talents » BCG-CGE-Ipsos de 2020 (3).
  • Un renforcement des relations de coopération avec d’autres acteurs économiques, financiers ou sociaux, selon l’étude de France Stratégie précitée.

 

Comment mettre en place une politique RSE

Une démarche de responsabilité sociétale des entreprises ne se construit pas du jour au lendemain. Elle nécessite une réflexion profonde, un audit préalable et la nomination d’un ou d’une responsable RSE, avant de bâtir la future stratégie, son plan d’actions et de l’appliquer.

Une politique RSE nécessitera notamment d’étudier et repenser ses relations avec les parties prenantes (sous-traitants, partenaires, clients, investisseurs, actionnaires…), pour y intégrer les nouveaux critères éthiques. La démarche nécessite aussi de former ses collaborateurs puis, une fois lancée, d’en mesurer les effets, pour nourrir notamment les reportings extra-financiers.

Pour aider à développer leur politique de responsabilité sociétale, les entreprises peuvent se tourner vers leur CCI, le Point de contact national français de l’OCDE pour la conduite responsable des entreprises ou encore la plateforme gouvernementale impact.gouv.fr. Les interprofessions possèdent aussi souvent des conseillers voire leur propre référentiel RSE.

S’il existe nombre de certifications et des labels environnementaux ou sociétaux spécifiques, ces derniers ne couvrent pas tout le scope de la RSE. Depuis 2010, la norme ISO 26000 est le standard international de référence pour la responsabilité sociétale des entreprises. Les « labels RSE » les plus reconnus (label AFNOR, label LUCIE….) s’appuient dessus.

La norme ISO 26000 propose des lignes directrices selon 7 thématiques, au cœur de laquelle se trouve la question de la gouvernance de l’organisation, déclinées en 34 domaines d’action. La norme a peut-être un caractère volontaire, mais elle possède l’immense intérêt de faire consensus à l’échelle internationale.

 

 

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