Pour cette édition 2021-2022 de l’AMI du Conseil d’orientation de la recherche et de l’innovation des industriels de la mer (CORIMER), huit projets innovants sont déjà financés pour un montant d’aides total de 46 millions d’euros et deux autres sont toujours en cours d’instruction. Le point sur les huit projets financés.

 

Une coopération Etat-Filière

Le CORIMER regroupe des représentants de la filière et des représentants des pouvoirs publics qui, ensemble, s’attachent à soutenir et structurer l’innovation maritime. Dans cette optique, il lance chaque année un appel à manifestation d’intérêt en vue d’identifier et accompagner les projets innovants et à haute valeur ajoutée en phase avec le contrat de filière(1).

 

Les quatre priorités du contrat de filière

L’agenda de recherche et innovation du CORIMER se décline autour des quatre priorités du contrat de filière, celles-ci faisant chacune l’objet d’une feuille de route technologique dédiée : la transition vers le navire zéro émission (GreenShip) ; les navires intelligents et systèmes autonomes (SmartShip) ; les nouveaux matériaux et chantiers / usines intelligents (SmartYard) et l’industrie offshore de nouvelle génération (Next-gen Offshore Industry).

 

Points clés de l’édition 2021-2022

Pour ce 3e AMI, huit projets sont déjà financés et deux autres sont encore en cours d’instruction. Le montant d’aides total est de 46 M€, contre 33 M€ pour le précédent. Cette édition se caractérise par une répartition équilibrée des bénéficiaires : elle compte neuf PME et « émergents », sept grandes entreprises et onze acteurs académiques. Par ailleurs, si toutes les priorités du CSF sont représentées au sein des huit projets lauréats, trois d’entre eux relèvent à la fois des thématiques « GreenShip » et « SmartShip ».

 

Les lauréats de l’AMI CORIMER par grande thématique

Dans l’axe « GreenShip » figure le projet FIN1510 porté par FinX, spécialiste des moteurs de bateau bio-inspirés et 100 % électriques. Ces moteurs sont équipés d’une membrane qui ondule comme une nageoire de poisson ou de dauphin, propulse le fluide en ligne droite et autorise jusqu’à 30 % d’économie d’énergie. L’objectif du projet est de développer un moteur 150 CV en petites et moyennes séries en 2024 puis de lancer une production à plus grande échelle fin 2024.

Comme vu ci-dessus, trois projets relèvent des axes « GreenShip » et « SmartShip ». Le projet KiWin porte sur une solution de propulsion aéro-tractée conçue pour venir en hybridation sur les navires de plus de 60 mètres existants ou neufs. Il comprend le développement de jumeaux numériques de simulation, pilotage et supervision et vise l’installation d’un démonstrateur à l’échelle réelle. Sont notamment associés Beyond the Sea qui développe l’aile LibertyKite et le système SeaKite ainsi que Kleyfrance, spécialiste des solutions de levage (v. aussi encadré « Liste complète des acteurs par projet »).

Le projet Mervent 2025 vise à développer le premier porte-conteneurs industriel à propulsion hybride voiles – ailes et carburant de synthèse. Ce porte-conteneurs intégrera un système de commande et d’optimisation énergétique et bénéficiera d’une coque optimisée et d’un design innovant avec notamment des mâts disposés de manière asymétrique et deux plans anti-dérive amovibles. Le tout doit contribuer à réduire de 50 % les émissions de CO2 par rapport aux autres navires de ce type. Sont associés à ce projet Zéphyr & Borée, compagnie maritime spécialisée dans l’armement de navires bas carbone (voiles, carburants alternatifs) et Computed Wing Sail (CWS Morel) qui développe un propulseur marin automatisé et bas carbone (voiles – ailes) à profil épais, asymétrique et capable de s’inverser pour utiliser les différents vents grâce à un principe d’inversion breveté.

 

Mervent par Zéphyr & Borée

Mervent par Zéphyr & Borée

 

Le projet Wisamo 100 est une initiative menée par le groupe Michelin en vue de développer une grande aile gonflable, rétractable et automatisée pour les navires de fret. Par la réduction induite de la consommation de carburant, ce système d’hybridation de l’énergie permettra de réduire les émissions de polluants et de CO2 et de réduire la facture de fuel de 10 % à 20 % par cargo.

L’axe « SmartYard » est quant à lui concerné par le projet Recif mené avec Sofresid Egineering, filiale à 100 % de Saipem SA. Ce projet étudie l’industrialisation des flotteurs d’éoliennes en mer sous différents aspects : la qualité de réalisation et le contrôle, les nouveaux assemblages (soudés ou non), la qualification de nouveaux matériaux, la certification de nouvelles méthodes de calcul. Trois types de flotteurs sont d’abord analysés pour vérifier leur pertinence technico-économique. Puis ils seront confrontés aux infrastructures portuaires existantes et à la chaîne d’approvisionnement disponible.

Deux projets s’inscrivent dans l’axe « Next-gen Offshore Industry ». Le projet HT20MW porte sur une connexion tournante permettant l’export d’électricité à une tension de 66 kV. Son application principale est l’éolien flottant mais il concerne aussi l’amarrage des navires. Le projet inclut la qualification mécanique et électrique des sous-systèmes câbles électriques et lignes d’ancrage ainsi que la conception d’une éolienne flottante de 20 MW. Il associe Eolink, spécialiste de l’éolien flottant en mer (cf. flotteur, point d’ancrage et structure en acier certifiés), Cobham, professionnel de l’aéronautique mais aussi de l’électronique, des radars et des matériaux de survie et Windglaz, expert dans l’ingénierie pour l’éolien offshore, le solaire flottant et les études hydrodynamiques et d’ancrage.

De son côté, le projet OHMe porte sur le développement d’un outil télescopique capable d’effectuer des opérations de maintenance lourde sur les éoliennes offshore flottantes ou posées. Dans le cas des éoliennes flottantes, l’outil pourra être posé directement sur le flotteur. Pour les éoliennes posées, il permettra, en plus de la maintenance lourde, d’effectuer des opérations d’installation de pales. Le projet est porté par Dolfines (ex-Dietswell), spécialiste en ingénierie et services de l’industrie des énergies, au fort développement dans les renouvelables. Après 8.2 France fin 2021, Dolfines a acquis en octobre le cabinet Maintcontrol, expert en contrôle et maintenance prédictive et acteur de référence dans l’analyse vibratoire des éoliennes.

Enfin, le projet Vimflo se situe à la croisée des axes « SmartShip » et « Next-gen Offshore Industry » : il vise à construire un navire capable de réaliser des opérations de maintenance des éoliennes flottantes offshore in-situ, donc sans avoir à démonter et ramener des équipements à terre. Basé sur des techniques d’arrimage et de levage de précision, il permettra de réduire la durée des opérations, les coûts, les risques HSE et l’impact environnemental de la maintenance des éoliennes flottantes en mer. Le projet associe notamment Technip Energies, professionnel de l’ingénierie et des technologies pour la transition énergétique et D-Ice Engineering, spécialisé dans l’ingénierie et la recherche en simulation hydrodynamique et en automatique, dont l’autonomisation et la numérisation des navires et opérations marines.

 

L’AMI CORIMER 2023 déjà lancé

Le 4e AMI CORIMER est ouvert depuis mi-novembre et donnera lieu à deux relèves, les 27 janvier 2023 et 2 juin 2023. S’il a toujours pour ambition de « consolider l’avance technologique de la filière en matière de transition écologique et de lui permettre de développer une offre toujours plus performante, innovante et compétitive », il fait l’objet de nouvelles dispositions comme, notamment, la possibilité pour les porteurs de projets de se faire accompagner(2). Les lauréats seront annoncés fin 2023.

 

1) Signé en 2018, le contrat de filière Industriels de la Mer a été complété fin 2021 par un avenant qui a notamment introduit les thèmes liés à la décarbonation, à l’hydrogène renouvelable en mer et à la souveraineté de la filière.

2) Plus d’infos sur https://corimer.fr

 

Liste complète des acteurs par projet


– FIN1510 : FinX

– KiWin : Beyond the Sea, Kleyfrance, Ecole de l’Air et de l’Espace, CREA, Université Montpellier UM – le LMGC et le LIRMM, IMS Bordeaux

– Mervent 2025 : Zéphyr & Borée, Computed Wing Sail, Gaztransport et Technigaz (GTT), Ecole Centrale de Nantes

– Wisamo 100 : Groupe Michelin

– Recif : Sofresid Engineering, IRT Jules Verne, Institut de Soudure, Serimax, Vallourec

– HT20MW : Eolink, Cobham, Windglaz, IFREMER, France Energies Marines, Université Gustave Eiffel

– OHMe : Dolfines

– Vimflo : Technip Energies, D-Ice Engineering, CEA Tech, Ecole Centrale de Nantes

 

 

À lire  : The EU Blue Economy Report 2022

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