Cette 5e édition présente, comme les précédentes, les impacts qu’ont sur l’économie bleue le dérèglement climatique, les changements géopolitiques en cours, l’augmentation du prix de l’énergie et des matières premières, l’évolution des schémas de gouvernance (planification de l’espace maritime, Fit for 55) ainsi que les solutions technologiques innovantes qui émergent de la R&D. De plus, ce rapport 2022 analyse les impacts post-Covid-19 et propose quelques réflexions initiales sur les impacts potentiels de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et pour la première fois, il fournit une évaluation de l’impact de l’élévation du niveau de la mer sur le PIB des Etats membres.

Aux termes du rapport, l’économie bleue couvre toutes les activités marines et activités liées à la mer. Elle compte des secteurs établis : ressources marines vivantes, ressources marines non vivantes, énergies marines renouvelables (éolien offshore), activités portuaires, construction et réparation de navires, transport maritime, tourisme côtier et des secteurs émergents et innovants : autres énergies marines renouvelables (énergies océaniques, solaire flottant, production d’hydrogène en mer), bioéconomie et biotechnologie bleues, dessalement, défense, sécurité et surveillance maritimes, recherche et infrastructures (câbles sous-marins, robotique).

En 2019, les secteurs établis ont réalisé un CA de 667,2 milliards d’euros et une valeur ajoutée de 183,9 milliards, avec près de 4,45 millions d’employés. Deux de ces secteurs se distinguent particulièrement : les ressources vivantes et l’éolien en mer. Au sein des secteurs émergents et innovants, les autres énergies marines renouvelables sont considérées « essentielles pour parvenir aux objectifs du Green Deal mais aussi du plan RePowerEU ».

Le rapport rappelle que l’objectif fixé pour les énergies marines renouvelables est de passer de 12 GW à 300 GW de capacité éolienne en mer d’ici 2050 et d’y ajouter plus de 40 GW d’autres EMR. Il souligne que la bioéconomie bleue est largement portée par les algues dont la production dépasse les 10 M€ dans trois pays (Espagne, France, Portugal). Et il précise que l’UE compte aujourd’hui plus de 2 300 usines de dessalement (Méditerranée surtout) qui produisent 9,2 millions de m³ par jour. Enfin les auteurs mettent en avant l’innovation blue-tech et les activités de robotique qui « constituent des éléments déterminants pour la transition vers la durabilité et la création du jumeau numérique de l’océan attendue pour 2024 ».

 

Perspectives et tendances

Dans le contexte actuel (pressions d’origine humaine, élévation du niveau de la mer, érosion côtière, v. encadré), les principales perspectives et tendances présentées comprennent notamment la décarbonation du transport maritime, l’écologisation des activités économiques associée à l’intensification des solutions fondées sur la nature et la restauration des écosystèmes marins dégradés ainsi que le renforcement des efforts pour réduire les pollutions, développer l’utilisation durable de l’eau dans les activités marines et terrestres et généraliser les pratiques responsables de gestion des eaux usées.

Enfin, le rapport 2022 présente plusieurs études de cas dont une comparaison entre l’économie bleue européenne et l’économie bleue en Norvège, une description de l’Observatoire portugais pour l’économie bleue, le projet ASPBAN (Atlantic Smart Port Blue Acceleration Network) et le programme EFESE mené en France dans le contexte de la Stratégie Biodiversité (Evaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques, partie Milieux marins & littoraux).

 

Quelques chiffres du rapport


  • 93 % des mers européennes subissent les effets des pressions d’origine humaine, d’où la mise en danger des quelque 40 % de la population européenne vivant à moins de 50 km des côtes.
  • L’élévation du niveau de la mer pourrait entraîner des pertes de plus de 200 mds d’euros d’ici 2080, notamment dans les pays côtiers du sud.
  • L’érosion côtière pourrait faire perdre 15 mds d’euros sur les 500 mds générés chaque année par les services dans la bande côtière de 10 km de l’UE.
  • Les écosystèmes terrestres et des eaux intérieures devraient subir des pertes jusqu’à 344 mds d’euros par an.

 

Pour aller plus loin :

The EU Blue Economy Report 2022, publié le 19 mai par la DGAMP de la Commission européenne, est téléchargeable sur le site de l’Office des publications de l’Union européenne :

The EU blue economy report 2022 – Publications Office of the EU (europa.eu)

 

À lire  : L’économie bleue durable, un des moteurs du Pacte vert pour l’Europe

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