La Fondation de la Mer et Bureau Veritas ont lancé en juin le premier label mondial permettant de distinguer les entreprises s’engageant à prendre en compte et améliorer concrètement leurs impacts sur l’océan. La Délégation à la mer et au littoral au ministère de la Mer, Bpifrance, BCG, EpE(1) et France Invest sont associés à la démarche dans le cadre du comité de gouvernance du label.

Depuis sa création en 2015, la Fondation de la Mer soutient des acteurs locaux et met en œuvre différents programmes destinés à l’étude et la protection de l’océan(2). En 2020, elle a élaboré le Référentiel Océan avec le soutien du ministère de la Transition écologique et du BCG. Ce nouvel outil permet aux entreprises d’identifier, de mesurer et d’améliorer l’impact de leurs activités sur l’océan et ainsi de se saisir de l’ODD14 « Vie aquatique »(3) jusque-là peu abordé par le monde économique (seule une entreprise sur sept le mentionnerait dans sa stratégie RSE).

 

« Introduire la mer dans la stratégie de transformation des entreprises »

Le référentiel recense dix types d’impacts déclinés en 44 leviers d’action et autant d’indicateurs opérationnels utilisables par l’entreprise. Il couvre notamment la pollution, l’acidification, les changements globaux du milieu marin et l’exploitation des ressources marines et côtières. Une plateforme « Ocean Approved » a été mise en place en parallèle pour « fédérer les entreprises engagées et valoriser les bonnes pratiques mises en œuvre pour une économie plus respectueuse de l’océan ». La création, début juin 2021, du label Ocean Approved constitue une étape supplémentaire.

Ce label international d’application volontaire vise à distinguer les entreprises engagées dans une démarche d’amélioration continue de leurs impacts sur l’océan au-delà du respect et de la mise en œuvre de la réglementation en vigueur.  Le processus de labellisation s’appuie sur l’évaluation des actions engagées par l’entreprise et l’analyse de la gouvernance en place. L’audit est mené par un organisme indépendant agréé par la Fondation de la Mer.

A ce jour, le label comprend deux niveaux : le niveau 1 « Engagé » distingue le plan d’action défini par l’entreprise une fois qu’elle a identifié ses impacts (engagement de moyens) et le niveau 2 « Avancé » distingue les actions déjà mises en œuvre (obligation de résultats). Un troisième niveau encore à l’étude (niveau sectoriel) devrait à terme distinguer une « performance significativement supérieure à la moyenne des entreprises de leur secteur ».

 

Un pilote avec trois entreprises utilisatrices du référentiel

L’ensemble du processus de labellisation et d’audit a été testé auprès de trois entreprises pilotes : un opérateur de data centers (Interxion), un groupe de cosmétique marine (Thalgo) et un énergéticien (Engie).

L’entreprise Interxion est un leader international dans le domaine des data centers. Elle en a déjà installé plus de 285 dans le monde dont trois sur le port de Marseille où elle s’apprête à en construire un quatrième (cf. situation clé au cœur de la Méditerranée et donnant accès aux systèmes de câbles sous-marins). Consciente de l’impact de ses activités, l’entreprise est déjà impliquée dans les domaines énergie et biodiversité (ex. : utilisation d’énergie à 100 % issue de sources renouvelables, intégration prochaine d’une solution de refroidissement par ‘river cooling’, i.e. basée sur l’utilisation d’eau et limitant les consommations énergétiques, projet Prométhée-Med pour la préservation des herbiers marins). Après avoir utilisé le Référentiel Océan pour structurer son engagement et agir concrètement, elle a voulu aller plus loin dans la démarche avec le processus de labellisation.

Le groupe Thalgo, spécialiste de la beauté marine, est déjà impliqué dans le respect de l’environnement à travers cinq engagements : Clean Ocean (il soutient notamment l’association The SeaCleaners d’Yvan Bourgnon), Green Pack, Clean Beauty, Green Factory et Eco Gestures. Il a suivi le Référentiel Océan et a mis en place un plan d’action qui a ensuite été audité dans le cadre de la labellisation. Pour lui, le label Ocean Approved est « garant de son engagement et il constituera un fort élément de différenciation pour les entreprises de son secteur ».

De son côté, le groupe Engie a fait tester le processus de labellisation sur le projet d’éoliennes flottantes du Golfe du Lion mené par Ocean Winds, la joint-venture qu’il détient à 50-50 avec l’Espagnol EDP Renováveis. Cela a constitué pour lui une « opportunité pour recenser et challenger l’ensemble des actions, innovations et paramètres qu’il avait intégrés dans la conception du projet afin d’éviter et/ou réduire ses impacts directs et indirects dans le golfe et plus largement sur l’océan ». Le pilote a également « permis de valider que le label prenait en compte l’ensemble des impacts et qu’il était adaptable pour des activités spécifiques et innovantes ».

 

Garantir la crédibilité de sa démarche

Au final, la labellisation Ocean Approved constitue pour les entreprises une démarche volontaire en vue d’améliorer leur impact direct et indirect sur l’océan. Elle leur donne aussi l’occasion de montrer l’exemple dans leur secteur respectif. Le label, décerné pour une durée de trois ans et renouvelable, devrait intéresser les acteurs souhaitant valoriser et rendre visible la réalité de leur engagement pour l’océan.

 

1) BCG: Boston Consulting Group – EpE : association Entreprises pour l’environnement 

2) Thématiques principales : protection de la biodiversité marine, lutte contre les pollutions en mer, soutien à la recherche et à l’innovation, information / sensibilisation.

3) Au sein de l’Agenda 2030, le 14e Objectif de développement durable (ODD) promeut la conservation et l’exploitation de manière durable des océans, des mers et des ressources marines.

 

À voir  : Le Pôle Mer Méditerranée labellise onze projets axés transition écologique

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