En 2008, 68 000 jeunes préparaient un diplôme dans le domaine de l’environnement. En 2018, pas moins de 107 000 inscrits en dernière année d’une formation initiale en environnement étaient recensés. Pourtant, certains métiers de l’économie verte connaissent des difficultés de recrutement. Si l’offre de formations spécifiques est importante, est-elle en adéquation avec la demande, en particulier dans le contexte d’une évolution rapide des métiers ?

L’offre de formations dans le domaine de l’environnement

A la rentrée 2018-2019, plus de 260 diplômes étaient recensés dans les domaines de l’environnement, représentant 11 % de l’offre globale de formations. Ces diplômes n’ont pas tous le même « poids environnement » :

  • 54 % des formations sont à dominante environnementale (plus de 50 % des modules d’enseignement proposés relèvent de l’environnement),
  • 33 % sont ‘modérément environnementales’ (entre 25 % et 50 % des modules)
  • et 13 % sont ‘faiblement environnementales’ (moins de 25 % des modules).

Sur l’ensemble de ces 260 diplômes:

  • plus de 80 % sont de niveau supérieur à Bac +3 (masters : 37 % et ingénieurs : 32%),
  • 11 % sont de niveau Bac +3 (licences professionnelles : 10 % et licences généralistes : 1%).
  • Le reste (9%) est constitué par les diplômes de niveau inférieur à Bac +2 (entre 1 % et 5 % selon le type : BTS, Bac Pro, CAP, BPA).

Les domaines d’études proposés restent relativement traditionnels avec une prédominance du domaine Prévention / réduction des pollutions, nuisances et risques et du domaine Protection de la nature / gestion des milieux et équilibres écologiques (56 % au total).

Viennent ensuite les domaines de l’énergie : MDE et EnR (26%), de l’aménagement du territoire / cadre de vie (11%), des sciences humaines et sociales ou ‘gestion sociétale de l’environnement’ (4%) et de l’hygiène – sécurité – santé – environnement (3%).

Les choix des étudiants

Sur les 107 000 inscrits à la rentrée 2018,:

  • 29 % ont opté pour la protection de la nature,
  • 25 % pour l’énergie,
  • 23 % pour la prévention des pollutions
  • et 15 % pour l’aménagement du territoire / cadre de vie.
  • Les domaines HSSE et gestion sociétale ont quant à eux attiré chacun 4 % des effectifs.

La majorité des formations suivies (49%) sont de niveau Bac, 8 % sont de niveau Bac + 2 (BTS et DUT), 40 % sont de niveau Bac +3 et plus (10 % pour Bac +3 et 30 % pour Bac +4 et plus). Le reste (3%) représente les formations de niveau inférieur au Bac.

Métiers de l’eau: en savoir plus

 

L’insertion professionnelle en questions


Le SDES a publié début décembre une étude sur l’insertion professionnelle des jeunes formés dans le domaine environnemental (v. p. suiv.). Basée sur l’enquête ‘Génération 2017’, elle décrit les parcours d’insertion des jeunes sortis du système éducatif en 2017 trois ans après la fin de leurs études.

Il en ressort que 75 % des 34 000 jeunes formés en environnement ont un emploi (vs 71 % pour les jeunes issus d’autres formations) et ce, majoritairement en CDI (63 % vs 61 % pour les autres). La qualité de l’insertion varie selon les profils.

Elle est « d’autant plus réussie que le jeune a étudié dans le domaine de l’énergie ou de la prévention des pollutions, qu’il a préparé un diplôme d’ingénieur ou une licence professionnelle, qu’il a eu un parcours en alternance ou qu’il est diplômé ».

 

Economie verte: Quelle adéquation entre offre et demande ?

Au sein de l’économie verte sont généralement distingués les métiers « verts » (directement à finalité environnementale) et les métiers dits « verdissants » (dont les compétences évoluent pour intégrer les enjeux environnementaux).

En 2020, près de 841 500 des demandes d’emploi portaient sur les métiers de l’économie verte (14,1 % de l’ensemble des demandes).

Parmi celles-ci, 40 700 visaient les métiers « verts » (avec, au premier rang, le nettoyage des espaces urbains) et 800 800 concernaient des métiers « verdissants », essentiellement dans le bâtiment (37%) et le transport (25%).

En parallèle, 402 300 offres d’emploi déposées par les employeurs à Pôle Emploi (17,5 % de l’ensemble des offres) concernaient les métiers de l’économie verte, dont 20 600 pour les métiers « verts » et 381 700 pour les métiers « verdissants ».

Près de 70 % d’entre elles concernaient le bâtiment (48%) et les transports (21%). L’industrie suivait avec 12 % des offres dont près des trois-quarts (72 %) portaient sur les « métiers verdissants » de la mécanique automobile*.

 

Des difficultés à recruter

Dans certains métiers « verts », les entreprises et organisations rencontrent des difficultés à recruter. Des tensions fortes sont relevées par exemple pour les jardiniers salariés, les agents qualifiés de laboratoire, les chercheurs (hors industrie et enseignement supérieur), les ouvriers de l’assainissement et du traitement des déchets ou encore les professionnels de l’animation socio-culturelle.

C’est également le cas au niveau cadre comme l’a montré une étude de l’APEC publiée en septembre (v. ci-dessous). En effet, les entreprises qui recherchent des cadres pour pourvoir des métiers verts sont en quête de profils très techniques. Les candidats rechercher devrons souvent présenter des capacités à conduire des études techniques ou analyser des risques, des capacités à élaborer des spécifications, une bonne connaissance de la réglementation, voire des compétences spécifiques de type urbanisme, géosciences, génie climatique, dépollution, etc.

Autre point non négligeable souligné par l’APEC, les offres d’emplois cadres dans les métiers verts se répartissent inégalement dans le territoire, les régions Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes se situant loin devant les autres avec, respectivement, 2 836 et 1306 offres (contre, en moyenne, 500 dans les autres régions de France métropolitaine).

D’une manière générale, en matière d’emploi, la transition écologique et énergétique donne plus lieu à un agencement de nouvelles compétences qu’à la création de nouveaux métiers à proprement parler. Si, comme le prévoit l’Ademe, près d’un million d’emplois pourraient être créés dans l’économie verte d’ici 2050, le degré de qualification et la qualité du diplôme constitueront toujours plus des atouts de taille.

 

Pour en savoir plus

– « Quelle insertion professionnelle pour les jeunes formés dans le domaine environnemental ? », coll. Essentiel DataLab, SDES, MTECT, Décembre 2022

– « L’économie verte : Des métiers cadres qui émergent ou se transforment de plus en plus » », coll. Compétence : Métiers & Société, APEC – Observatoire de l’emploi cadre,  Septembre 2022

 

Le VTE vert : déjà 264 entreprises concernées


Le VTE vert est une déclinaison récente du dispositif Volontariat Territorial en Entreprise. Opéré par Bpifrance et financé par l’Ademe et l’État, il offre une aide (subvention) jusqu’à 12 000 euros pour l’embauche d’un jeune à un poste entièrement dédié à la transition écologique et énergétique d’une PME ou d’un ETI.

Le jeune concerné est soit diplômé depuis moins de deux ans d’un Bac +3 minimum, soit encore en formation à partir de Bac +2. A fin octobre 2022, Bpifrance comptait 264 VTE vert labellisés et 245 aides accordées. Le système devrait monter en puissance avec plus de 500 labellisations attendues pour 2023.

La demande d’aide doit être effectuée dans les six mois qui suivent la date d’embauche (contrat de travail ou contrat d’apprentissage ou de professionnalisation). Parmi les missions possibles :

  • mettre en place un approvisionnement et une chaîne logistique verts,
  • adapter les process industriels pour une production plus sobre,
  • créer de nouveaux produits ou services à faible impact environnemental,
  • réduire l’impact environnemental d’un produit ou service.

 

* Notons, à ce sujet, la récente création d’un campus « Industries circulaires de la mobilité » sur le site Refactory Renault de Flins. Labellisé « Campus d’excellence des métiers et des qualifications », il devrait former 8 000 personnes sur les métiers de l’économie circulaire d’ici 2027 autour de trois grands axes: mobilités terrestres, énergie, recyclage. Le portage académique et la gestion de ce campus sont assurés par l’Université de Versailles Saint Quentin-en-Yvelines (UVSQ).

 

À lire  : Economie circulaire et emploi

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