Quelles sont les avancées dans le développement de l’hydrogène vert ?

L’hydrogène vert a connu un développement accru ces dernières années. Il faut dire que les objectifs que se fixent les pays du monde entier sont élevés. En France, par exemple, nous misons sur une neutralité carbone en 2050. Le pays souhaite diviser par deux le total de CO2 rejeté par les industries en 2030.

Cette évolution provient avant tout des avancées technologiques, notamment en ce qui concerne l’électrolyseur à eau. Ce système permet de produire de l’hydrogène renouvelable. En effet, l’électrolyse n’émet pas de carbone, de même que la pile à combustible qui transforme ensuite l’hydrogène en électricité. Cet outil précieux peut maintenant être installé à grande échelle, en complément des autres infrastructures énergiques comme les éoliennes et les panneaux photovoltaïques. Faisons le point sur les avancées stratégiques dans le développement et le déploiement de l’hydrogène vert en France, en Europe et sur le reste de la planète.

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Le développement de l’hydrogène vert sur le plan national

En septembre 2020, la France a annoncé la mise en œuvre d’une stratégie nationale sur le développement de l’hydrogène vert. Celle-ci se concentre sur trois axes majeurs.

  1. Le déploiement d’une mobilité écologique, surtout pour les véhicules lourds (camions, bus, avions, trains).
  2. La décarbonation des industries les plus polluantes pour l’environnement. Sont notamment visés les secteurs de la sidérurgie, de la cimenterie ou de la chimie.
  3. Le renforcement de la filière hydrogène vert pour en faire une industrie importante sur le territoire, indépendante des importations, créatrice d’emplois.

 

Hydrogène décarboné: une solution prometteuse pour les collectivités

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Développer la production, le stockage et le transport de l’hydrogène vert

En s’appuyant sur une énergie électrique renouvelable (éolien, solaire, puissance hydraulique), le développement de la production d’hydrogène décarboné suit une feuille de route précise. D’ici à 2030, le gouvernement souhaite installer 6,5 GW d’électrolyseurs à eau capables de synthétiser la précieuse énergie renouvelable. En parallèle, les solutions de stockage et de transport de l’hydrogène zéro carbone doivent évoluer. Il s’agit notamment d’implanter des stations de ravitaillement et d’adapter les réseaux de transport pour rendre cette énergie accessible à tous.

Hydrogène vert : un investissement de 9 milliards d’euros pour la filière

Cette stratégie nationale de développement de l’hydrogène vert a été renforcée à la fin de l’année 2022. La Première ministre Élisabeth Borne a ainsi déclaré un investissement immédiat de 2,1 milliards d’euros pour soutenir le développement de la filière. Elle a également annoncé un engagement de l’État à hauteur de 7 milliards d’euros jusqu’à l’horizon 2030.

Adapter le développement de l’hydrogène renouvelable au contexte actuel

Les derniers soubresauts diplomatiques (guerre d’Ukraine) et sanitaires (COVID-19) ont favorisé l’émergence d’une crise énergétique mondiale. Celle-ci a mis en évidence la dépendance énergétique de certains pays. La France n’est pas la plus touchée, mais ce constat a encouragé le gouvernement à accélérer le processus de développement de l’hydrogène vert. Sans aucun doute, le déploiement de cette énergie renouvelable permettra de s’orienter vers l’indépendance énergétique. En décembre 2022, le ministre délégué chargé de l’Industrie Roland Lescure a annoncé un recentrage de la stratégie nationale vers la mutualisation de la production dans des écosystèmes territoriaux nommés des « hubs d’hydrogène ».

Par ailleurs, la France est alignée sur les objectifs de l’Union européenne en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de transition énergétique et d’économie décarbonée.

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Quelle est la place de l’hydrogène vert en Europe ?

En 2019, la Commission européenne a annoncé viser la neutralité carbone en 2050. Pour y parvenir, l’organe a lancé un grand plan d’action, le « Green Deal ». Dans ce contexte, la place de l’hydrogène vert en Europe demeure essentielle.

De nombreux projets de développement dans les pays européens

Si la France fait figure de pionnière en matière de production d’hydrogène vert, les autres pays de l’Union européenne ne sont pas en reste. Ainsi, le chancelier allemand Olaf Scholtz a dévoilé une ambitieuse stratégie : installer pour 10 GW d’électrolyseurs à eau d’ici à 2030. L’objectif a donc doublé par rapport aux volontés de l’ancien gouvernement d’Angela Merkel. Pour y parvenir, l’Allemagne a débloqué un plan d’investissement de 10 milliards d’euros.

De son côté, l’Espagne nourrit également de belles ambitions. Le territoire espagnol bénéficie d’un climat ensoleillé et venteux, idéal pour la production d’énergies renouvelables. Doté d’un budget d’investissements publics et privés de 8,9 milliards d’euros, le gouvernement espagnol a fixé l’objectif d’installer 4 GW d’électrolyseurs.

D’autres pays de l’Union européenne prévoient des avancées significatives à l’horizon 2030, comme le Portugal (construction d’un électrolyseur de 1 GW), le Danemark (4 à 6 GW d’électrolyse) ou l’Italie (5 GW). Hors Union européenne, citons enfin le Royaume-Uni, qui souhaite installer 5 GW d’électrolyseurs d’ici 2030 et établir la filière hydrogène vert parmi les secteurs clés de son économie.

Créer un marché intérieur de la filière hydrogène vert solide et encadré

Au total, la stratégie de l’Union européenne prévoit de déployer pas moins de 40 GW d’électrolyseurs pour produire de l’hydrogène vert d’ici à 2030. La Commission européenne évalue que l’ensemble des investissements atteindront entre 180 et 470 milliards d’euros en 2050. Cet argent servira à développer une chaîne de valeur complète, de la production à l’utilisation finale de l’hydrogène renouvelable.

L’Union européenne estime que les 40 GW d’électrolyseurs installés d’ici 2030 couvriront environ 10 % de la demande actuelle d’hydrogène dans les industries sidérurgiques, métallurgiques et chimiques. L’organe s’attelle également à la création d’un marché intérieur de l’hydrogène vert, avec la mise en place d’un cadre législatif clair, de normes et de certifications afin de réduire les coûts de production.

En parallèle, la Commission européenne coopère au niveau international pour développer des routes d’échanges commerciaux d’hydrogène vert. Plusieurs partenariats sont envisagés avec d’autres pays producteurs (l’Australie, la Namibie), ainsi que des régions comme les pays du Golfe et le Maghreb.

Hydrogène décarboné : qu’en est-il au niveau mondial ?

L’hydrogène renouvelable représente une alternative aux énergies fossiles pour beaucoup de pays dans le monde. Aux États-Unis, l’énergie écologique entre dans la stratégie nationale de Build Back Better, enclenché par le président Joe Biden. Pour concrétiser ses ambitions, le pays prévoit un colossal investissement de 2 000 milliards de dollars. La somme prévoit de rattraper le retard des Américains sur le climat. Rappelons que l’ancien président Donald Trump avait retiré les États-Unis des accords environnementaux de Paris en 2020.

En Asie, les grandes puissances se sont également lancées dans la course à l’hydrogène vert. La Chine souhaite produire plus de 230 millions de véhicules à pile à combustible d’ici 2030. Le président chinois Xi Jinping veut propulser le pays à la première place des producteurs d’hydrogène vert dans le monde. Aujourd’hui, la Chine fabrique déjà 40 % des électrolyseurs à eau.

Au Japon, l’orientation vers l’hydrogène renouvelable a été amorcée quelques années avant les pays européens. Le gouvernement japonais s’est fixé pour objectif de produire jusqu’à 3 millions de tonnes d’hydrogène vert par an en 2030. Quant à la Corée du Sud, elle peut compter sur le constructeur automobile Hyundai, première entreprise à avoir commercialisé une voiture à pile à combustible dans le monde. D’ailleurs, l’État finance jusqu’à 50 % des acquisitions de véhicules à pile à combustible.

En Afrique, le Maroc projette de produire 4 GW d’énergie grâce à l’hydrogène zéro carbone. Les initiatives fleurissent également en Afrique du Sud, au Nigéria ou en Algérie. L’ensoleillement, le vent et l’eau abondent sur tout le continent, ce qui rend la production d’hydrogène vert potentiellement compétitive.

D’autres projets sont mis en œuvre dans des pays comme l’Australie — qui souhaite devenir un exportateur d’hydrogène vert dès 2030 — ou le Brésil, qui souhaite produire de l’hydrogène vert à partir de biomasse.

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