La norme ISO 26000, publiée en 2010 et sur lequel 99 pays ont travaillé pendant cinq ans, vise à accompagner les organisations dans leur démarche de développement durable.  Explications.

 

C’est quoi la norme ISO 26000 ?

La norme ISO 26000:2010 a été publiée par l’Organisation internationale de normalisation en 2010 et est considérée dans le monde entier comme le premier standard international de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), ou des organisations (RSO). Il a fallu cinq ans de discussions et de négociations entre gouvernements du monde entier, industriels, représentants de consommateurs ou encore ONG, avec la présence de 500 experts, pour trouver un consensus incarné dans cette norme. Cette dernière s’appuie par ailleurs sur plusieurs textes internationaux fondateurs, comme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ou les conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

La norme ISO 26000 est une méthode non-contraignante, ensemble structuré de définitions et lignes directrices dont le but est d’aider les organisations à construire une stratégie et mettre en œuvre des actions dirigées dans le sens de la responsabilité sociétale et environnementale.

« Elle vise à encourager les organisations à aller au-delà du respect de la loi. La norme vise à promouvoir une compréhension commune dans le domaine de la responsabilité sociétale et à compléter les autres instruments et initiatives de responsabilité sociétale, non à les remplacer », peut-on lire à son sujet sur le site de l’ISO.

En résumé, ISO 26000 a le mérite de clarifier et unifier le concept de responsabilité sociétale à l’échelle internationale, et de guider les structures désireuses de développer un comportement socialement responsable et respectueux de l’environnement, considéré de nos jours comme un facteur clé de réussite. Les avantages d’une démarche RSE pour une entreprise sont nombreux et bien documentés.

La norme s’adresse à tous types d’organisations, publiques comme privées et de toutes tailles.

 

Comment s’articule une démarche ISO 26000 ?

Pour définir le périmètre de leur responsabilité sociétale, la norme ISO 26000 invite les organisations à articuler leur démarche autour de sept questions centrales, déclinées ensuite en 34 domaines d’action. Ces sept piliers sont :

  1. La gouvernance de l’organisation : mise en place de valeurs, stratégie, objectifs et indicateurs, identification des parties prenantes, reporting, etc.
  2. Les droits de l’Homme : respect des droits, identification et prévention des risques humains, gestion des conflits, etc.
  3. Les relations et conditions de travail, équilibrées et justes : dialogue social, respect de la santé et de la sécurité, développement du capital humain, etc.
  4. L’environnement : identification des pollutions, des impacts et ressources utilisées, les mesures préventives, la préservation, la compensation des impacts, etc.
  5. La loyauté des pratiques : dispositif de lutte contre la corruption et la concurrence déloyale, respect des droits de propriété intellectuelle, etc.
  6. Les questions relatives aux consommateurs : information loyale, respect de la santé, de la sécurité et de la vie privée du client, accès aux produits et services, etc.
  7. Les communautés et le développement local : engagement sociétal de l’organisation, prise en compte des contextes locaux et le développement des territoires, etc.

 

Le document se décline en chapitres dans lesquels sont décrits les concepts, termes clés, grands principes, facteurs et conditions de réussite… La norme ISO 26000 préconise d’avancer étape par étape pour atteindre les objectifs généraux de développement durable :

  • Faire un examen des caractéristiques de la responsabilité sociétale et son rapport avec le développement durable.
  • Revoir les grands principes de la responsabilité sociétale.
  • Etudier d’abord les deux pratiques fondamentales de la responsabilité sociétale : l’identification de sa responsabilité sociétale dans sa sphère d’influence, et l’identification de ses parties prenantes et le dialogue avec elles.
  • Analyser les sept questions centrales et les domaines d’actions de la responsabilité sociétale, de même que chacune des actions et attentes associées.
  • Chercher à intégrer la responsabilité sociétale dans l’ensemble de ses décisions et activités en utilisant les lignes directrices de la norme : intégration de la RSE dans ses politiques, sa culture d’entreprise et sa stratégie, développement de compétences internes, actions de communication, reporting…

 

La norme ISO 26000 est-elle une certification ?

Non, la norme ISO 26000 n’est pas une norme de système de management, elle ne contient pas d’exigences et critères mesurables mais des lignes directrices. Elle n’est donc pas destinée à des fins de certification, contrairement à d’autres normes ISO.

 

La norme ISO 26000 est-elle compatible avec d’autres normes ?

Plusieurs nomes sont compatibles avec l’ISO 26000, notamment les norme de système de management ISO 14001 (système de management environnemental), ISO 9001 (système de management de la qualité), ou encore la norme ISO 45001 qui fixe une méthode de mise en place d’un management de la santé et de la sécurité au travail.

Dans la pratique, la norme ISO 26000 est souvent considérée comme une étape préliminaire globale, qui permet de bâtir la stratégie RSE avant de l’affiner grâce à d’autres normes, certifications ou labels conçus pour apporter des réponses méthodologiques, opérationnelles ou de reconnaissance sur certains aspects d’ISO 26000. On peut citer ici en outre le reporting GRI (Global Reporting Initiative), le référentiel international ILO-OSH 2001 (système de gestion de la sécurité et de la santé au travail), la norme OHSAS 180013 ou encore les écolabels

 

Lire aussi  : Mettre en place un système de management environnemental (SME) en entreprise ?

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